“Chapelle” géante de St Pierre de Colombier, question orale au Président de région

Pour soutenir la mobilisation importante d’habitants et de zaddistes contre le chantier de chapelle géante à Saint Pierre de Colombier, notre groupe a interpelé le président de Région pour lui demander de peser dans un dossier entaché de nombreuses irrégularités quant au respect des normes environnementales au sein du Parc naturel Régionale des Mont d’Ardèche. Par la voix de son vice président, Laurent Wauquiez à choisit de botter en touche, invoquant le fait que la Région n’a pas compétence à se positionner sur le dossier ( quand le PNR et le département de l’Ardèche n’ont pas hésité à emettre un avis préoccupé sur ce dossier).

Voici mon intervention

Monsieur le Président,

Dans le schéma régional d’aménagement, de développement durable et d’égalité des territoires (SRADDET) adopté en décembre 2019, notre collectivité affiche l’ambition de bâtir une « région d’avenir solidaire et durable ».

Ce schéma recense un certain nombre d’engagements de notre collectivité parmi lesquels « la désartificialisation des sols » (précisée au 1.7). Il prétend également en sa règle n°7 protéger les espaces agricoles et forestiers.

Par ailleurs, notre Région est fière de compter en son sein 10 parcs naturels régionaux, ces espaces préservés ayant choisi volontairement un mode de développement basé sur la mise en valeur et la protection de patrimoines naturels et culturels considérés comme riches et fragiles.

Ces éléments nous laissent penser que la Région doit intervenir pour stopper le projet démesuré de construction d’une chapelle de 3 500 places en plein PNR des Monts d’Ardèche à Saint Pierre de Colombier.

Les travaux de construction ont débuté malgré de nombreuses alertes et oppositions locales d’habitants, d’élus et de paysans. Ce projet de chapelle, parking, centre d’hébergement et passerelle viendrait bétonner 7 000 m2 dont 4 000 de terres agricoles.

L’accord du permis de construire s’est déroulé en omettant plusieurs éléments majeurs : que ce projet se situe dans un PNR ( la case n’avait pas été cochée! la DDT l’a donc ignorée) : celà n’a pas permis au PNR de donner un avis sur ce permis de construire. Que le projet compte des espèces protégées  (la case « Le projet risque-t-il de porter atteinte ou de détruire des espèces protégées ou des habitats d’espèces protégées » n’a pas non plus été cochée par la famille missionnaire) et malgré une pré-étude naturaliste en faisant état, adossée au projet,  la DREAL n’a pas réagit alors qu’elle aurait dû demander une vraie étude d’impact puis demander à la préfecture de prendre un arrêté autorisant la destruction d’espèces protégées, si le permis était tout de même accordé. Sachant qu’un tel arrêté doit être justifié par un intérêt public majeur. Enfin la police de l’eau a ignoré que la passerelle menant à la chapelle géante allait se construire dans le lit majeur de la Bourges et les procédures d’enquêtes qui en découlent n’ont pas été suivies. Celà fait beaucoup de manquements et irrégularités!

Au mois de juin des habitant-es se sont mobilisés. Deux  réunions en préfecture de l’Ardèche ont eu lieu depuis et des manquements de l’État dans la gestion du dossier ont été reconnus par Madame la Préfète. La famille missionnaire porteuse du projet a accepté une suspension des travaux jusqu’au mois d’octobre, pour donner le temps à un groupe de travail de statuer sur l’avenir de ce projet. Nous notons que la composition de ce groupe n’est pas équilibrée, il comprendra des représentants des services de la préfecture (4) Dreal (3), de la famille missionnaire (3), du département (2) et du PNR (2), mais pas les opposants au projet. Ses conclusions pourraient bien, pour ces raisons, manquer de légitimité sur le territoire, puisque beaucoup sont juges et partis dans cette affaire : ce sont les mêmes services qui ont instruits le permis de construire et l’ont accordé en dépit des règles environnementales qui devraient aujourd’hui faire des contrepropositions.

Parmi les éléments qui doivent être examinés par ce groupe de travail se trouve notamment la nécessité d’une vraie étude environnementale 4 saisons (qui se déroule généralement sur un an) avant la reprise des travaux.

Il est à noter que des alternatives existent ce projet d’accueil de pèlerins de plusieurs millions d’euros pourrait être l’occasion de rénover du bâti ancien, un plus en termes de sauvegarde du patrimoine.

Alors que la région vote aujourd’hui même un contrat biodiversité avec l’Etat qui prend des engagements forts sur tous ces points, artificialisation, terres agricoles, espèces remarquables… il en va de la crédibilité même des positions de la région !


Monsieur Wauquiez, au vu des engagements pris ce jour même sur l’environnement et la biodiversité en AP, au vu des engagements pris dans le SRADDET et de notre responsabilité directe, en tant que région, au sein du PNR des Monts d’Ardèche, au vu enfin des irrégularités pointées et des tensions sur le foncier agricole dans notre Région, nous vous posons la question : quelle est la position de la Région sur ce projet ? 

N’ayant pas eu de réponse au premier courrier que nous vous avons adressé sur le sujet, nous espérons une position forte de votre part