Européennes 2019 – Le temps de l’écologie

Petit retour sur la campagne des écologistes aux élections européennes

Pour les écologistes, les élections européennes c’est le rendez-vous électoral. Un scrutin à un tour à la proportionnelle intégrale un mode de scrutin qui nous est favorable car les électeurs peuvent voter exactement pour les idées qu’ils préfèrent, sans calcul. Lors de cette élection, on ne vote pas pour celui qui est le mieux placé, mais pour les députés qui pourront le mieux défendre à Bruxelles notre vision du monde. Et c’est probablement l’une des raison qui nous a fait et nous fait toujours y réaliser de bon scores.

Voter face à l’urgence Climatique

L’autre raison, c’est l’urgence climatique et l’effondrement sans précédent de la biodiversité que nous vivons aujourd’hui. La certitude intime désormais partagée par de nombreux citoyens et portée par les jeunes de la nécessité absolue d’agir maintenant, avant qu’il ne soit [vraiment] trop tard. Une certitude qui n’est aujourd’hui pas celle de la majorité des politiques au pouvoir, de ceux qui trouvent toujours une raison pour justifier leur inaction : “l’emploi, l’économie, le principe de réalité, un document d’urbanisme déjà écrit…” Notre système politique avec son millefeuille territoriale engendre une forme poussée d’attentisme : chaque niveau se renvoyant la balle pour éviter d’agir, sauf là où les écologistes pèsent : dans certaines régions, dans certaines communes ( grand Synthe, Grenoble)… C’est ce qu’il nous fallait démontrer lors de ces élections : des écologistes élus dans les institutions et mieux à la tête des institutions engagent un changement dans le réel : des fermes communales bio, l’installation rendue possible d’habitant en cabanes ou yourtes dans les zones rurales, l’accueil digne des migrants, etc.

L’écologie politique, une idéologie pour les temps qui viennent

Je figurais sur la liste, en place non éligible et c’est donc de l’intérieur que j’ai vécu cette campagne. Une campagne qui a suscité chez les écologistes beaucoup d’espoir et a permis de nous reconstruire dans la clarté, autour de nos fondamentaux idéologiques. L’écologie politique : une idéologie pour le XXI e siècle : pour une société décentralisée qui crée des liens forts, pour une société de-hiérarchisée, favorisant l’autonomie, la liberté et le pouvoir d’agir des citoyens et des groupes d’humains divers qui se rassemblent autour d’un projet ; une autonomie fédéraliste qui crée du lien. Une idéologie pacifiste et non violente où l’objectif est autant de permettre aux individus et groupes de vivre ensemble dans la paix et la justice que de permettre aux hommes de vivre sans compétition avec la nature. Osmose, équilibre, justice sociale et écologique : l’écologie politique est une idéologie construite sur un socle libertaire…  dont les précurseurs refusaient tout autant la dictature ( fut-elle celle du prolétariat) que le productivisme comme chemin transitoire vers la liberté et la justice.

Sur ces bases héritées du XIXe s, des penseurs écologistes du XXe puis du XXIe ont parfait cet édifices idéologique, les mêmes ou d’autres écologistes l’ont appliqués dans le réel au sein de fermes, communautés, lieux alternatifs, communes, villages.

Certains peuples aujourd’hui construisent leur présents sur les principes de l’écologie politique. Ce sont les habitant du Rojava, le kurdistan syrien, qui dans un territoire en guerre en proie à l’effondrement, face au régime protofaschite de Daesh, se sont appuyés sur l’écologie sociale et les principe de Murray Bookchin pour créer une société plus juste : féministe et écologiste.

Cet indice peut nous amener à penser que l’écologie politique est l’idéologie adaptée aux temps qui viennent, des temps plus difficiles (changement climatiques, instabilité politiques, effondrement de la biodiversité) où il nous faudra soigner la nature comme les peuples et les individus abimés par deux siècles de capitalisme productiviste. Cette campagne des européennes nous a permis de dire cela : c’est ce qu’a fait avec beaucoup de pédagogie et d’humilité David Cormand tenant ainsi vraiment son rôle de secrétaire national d’un parti écologiste.

L’économie écologiste … une économie anti-productiviste, non capitaliste et non marxiste

Cette campagne nous a aussi permis de relancer le débat sur l’économie. Qu’est ce que l’économie écologiste, quelle est notre différence avec une économie marxiste ou capitaliste ? « Alors vous êtes pour l’économie de marché ? » Telle est la question, posée avec parfois de l’inquiétude, qu’on a pu entendre chez certains de nos électeurs. La réponse aurait pu sembler simple, mais en vérité elle ne l’est pas. Les écologistes ne sont pas des marxistes, ni des bolcvheviques. Ils ne sont pas pour une économie programmée, ni pour une société où l’ensemble des outils de productions sont étatiques ou publics, notre société rêvée n’est pas une société de fonctionnaires. L’économie que nous construisons est une économie de l’autonomie et de l’entraide. Rendre aux citoyens le pouvoir de faire, de créer une activité et d’en vivre en mutualisant avec d’autres, en enlevant les freins du capital. L’économie écologiste qui n’est ni une économie programmée, ni une économie capitaliste.

C’ est une économie de la coopération et du partage, c’est une économie inventive et attentive à l’humain et à la nature. Cette campagne nous aura aussi permis de démarrer cette clarification. Les écologistes ne sont pas capitalistes, mais ils sont pour une liberté qui s’exerce aussi au niveau économique une liberté régulée par la justice sociale et environnementale.

L’économie écologique est une économie relocalisée, avec des coopératives, des paysans indépendants, des artisans, de créateurs d’activité, des gens qui se fédèrent pour faire vivre un projet, une économie qui s’appuie sur des services publics forts au service de la population, non aliénant pour l’homme( éducation, santé…), non polluants pour la nature (énergie, transports…) qui questionnent la propriété privé et propose de nouvelles manière d’envisager cette propriété : des terres agricoles par exemple en fonction de l’usage : en partage librement choisi… ou même de l’habitat ( habitat participatif…) Une économie ni capitaliste, ni bolchevique, mais écologiste qui vit déjà dans nos territoires, mais a vocation à se généraliser ! Une économie résiliente qui nous permettra de mieux faire face aux chocs et difficultés à prévoir avec le changement climatique d’ampleur qui nous attend : un changement qui va modifier l’ensemble des activités humaines sur la planète.

Cette campagne, s’est ancrée dans le théorique, l’idéologie, mais aussi dans le pratique, le réel avec des candidats qui ont fait infusée l’écologie politique dans leur combats, leur territoires, leur activité professionnelle. Michèle Rivasi, Damien Carême, Marie Toussaint,  …  Pour finir quelques photos de cette campagne… Rendez-vous pour la prochaine : les élections municipales. Ou écologie rimera très naturellement avec Municipalisme !

Retour en images sur la campagne
Combats pour le climat

#combatspourleclimat L'engagement de nos candidates et nos candidats vient de loin. Voici leurs histoires. Ensemble sauvons le climat. #VotezEuropeEcologie

Publiée par Pour le climat sur Jeudi 16 mai 2019
Pour tous les candidats tête de liste, un clip de campagne rappellait leurs engaements