Le risque nucléaire face au séïsme grand absent du débat du Plan d’urgence Drôme Ardèche

Assemblée plénière décembre 2019

Après le séisme qui a ravagé la ville du Teil et les neiges précoces qui se sont abattues sur nos deux départements en novembre, la Région a souhaité apporter une aide aux habitants et aux agriculteurs : une aide financière bienvenue, mais un pansement ficelé, hélas, sans anticiper l’avenir de notre agriculture de plus en plus soumise aux aléas climatiques. C’est ce que j’ai rappelé dans mon intervention en séance.

Autre fait marquant et gênant : face au choc de la catastrophe, tous les autres groupes politiques ont scrupuleusement évité de parler du risque nucléaire lié au séisme. Pourquoi?

Notre groupe (RCES) a été le seul a rappeler la nécessité d’anticiper ce risque. Durant mon intervention des protestations se sont élevées dans les rangs de certains groupes de gauche.

Pourquoi? Y a-t-il encore en 2019 une gêne à dire qu’il nous faut anticiper un possible accident nucléaire en vallée du Rhône, alors même que Cruas à été mise à l’arrêt après le séïsme ?

L’évacuation de cet aspect du débat, alors qie cette inquiétude s’est invitée le 11 novembre dans de très nombreux foyers ardéchois est un exemple de déni du monde politique.

C’est la marque que l’ensemble des groupes politique a encore du travail à faire sur le nucléaire, et l’écologie en général! Sortir d’un dogme du nucléaire sûr, pour être prêts à protéger véritablement les populations!

Voici le texte de mon intervention

Nous voterons bien évidemment ce rapport qui propose une aide d’urgence nécessaire pour la Drôme et l’Ardèche, suite au seïsme du 11 novembre et aux intempéries. Vous le rappelez, l’Etat et les assurances restent trop en retrait pour répondre à la détresse des habitant et des communes, la Région a pris sa part! Je vous remercie pour celà!

J’ai lu attentivement la description qui est faite dans ce rapport de la difficile mise en place de transports pour les lycéens sinistrés entre le Teil, Pierrelatte et Montélimar, le manque de bus, de conducteurs, les routes désorganisées par le séisme et des chutes de neige…

Je cite votre texte «L’exercice était complexifié par une pénurie de véhicules et surtout de conducteurs» Alors une petite question : aurait-on su mettre à l’abri puis évacuer les lycéens, si le séisme avait eu lieu un jour scolaire : et qu’il avait provoqué un accident nucléaire à la centrale de Cruas ou Tricastin?

Parceque ce 11 novembre en Ardèche, je vous assure que la question que tout le monde se posait c’est : y-a-t-il un problème dans les centrales nucléaire… va-t-il falloir partir ?

Et en vérité, nous ne sommes pas passé très loin d’un accident, un épicentre un peu plus près des réacteurs et notre région ne serait plus la même!

L’inquiétude a été nette: Un seïsme d’une telle magnitude n’était pas prévu lors de la construction des sites nucléaires. La digue de Tricastin n’est pas dimensionnée pour y résister. Ce jour là nous avons eu de la chance.

Nous vous l’avions déjà demandé dans cette assemblée: Il faut que la Région anticipe la mise à l’abri et l’évacuation dans de bonnes conditions des lycées proches des centrales nucléaire. Création de zones de mise à l’abri étanches, sas véhicules, équipement de protection individuelle, eau nourriture….

Nous n’avons pas déposé d’amendement sur ce texte arrivé tard, mais nous vous suggérons de modifier à la marge l’aide proposée aux arboriculteurs victimes de la neige, pour les accompagner dans la replantation d’espèces mieux adaptées au changement climatique et les aider à sortir de la monoculture d’abres pour se rapprocher d’une démarche d’agroforesterie mieux adaptée aux épisodes climatiques extrêmes que nous allons vivre désormais.

Intervention groupe RCES, Florence Cerbaï. Assemblée plénière Auvergne Rhône Alpes. 19 décembre 2019. Débat sur le Plan d’urgence Drôme Ardèche.