Séisme en Drôme Ardèche, les riverains face au risque nucléaire

Communiqué de Presse EELV Ardèche – 11 novembre 2019

À 11h52, ce lundi un séisme de magnitude 5.4 a été ressenti en Drôme-Ardèche. L’épicentre se situait à 26 km de la centrale de Tricastin et 23 km de la centrale de Cruas.

« Ce séisme nous fait prendre conscience de la fragilité des installations nucléaires et du risque qu’il fait courir à la population. Beaucoup de riverains des centrales étaient très inquiets aujourd’hui et nous ont contactés. Les deux centrales nucléaires de Tricastin et Cruas ont des problèmes de corrosion, avec risque de rupture de tuyauterie dans les circuits primaires en cas de séisme important, et d’autres problèmes génériques (câbles et tuyaux fragiles sur les diesels de secours). Ces problèmes ont été mis en évidence par l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN), mais EDF n’y a toujours pas remédié. Nous sommes peut être passé à côté d’un accident grave, heureusement que le séisme n’a pas été plus important », explique Guillaume Vermorel, ingénieur, spécialiste du nucléaire pour EELV Ardèche.

« À l’heure actuelle il n’est pas vraiment possible de savoir si ce séisme a fragilisé les installations déjà non conformes des centrales, malgré le discours habituel d’EDF pour tenter de rassurer une population de plus en plus critique. Impossible de le savoir pour nous, riverains, mais aussi pour EDF qui doit probablement à l’heure actuelle faire le tour de ses installations pour repérer d’éventuels dommages visibles. Nous demandons un rapport complet et précis de la situation pour permettre une vraie information des riverains et ceci dans des délais raisonnables et non trop tardivement comme EDF le fait habituellement avec la déclaration des incidents à l’Autorité de Sureté Nucléaire. » complète Florence Cerbaï, conseillère régionale EELV de l’Ardèche

Maintenir en zone sismique, à proximité de la faille géologique de la vallée du Rhône, des centrales nucléaires en activité, c’est faire prendre un risque de plus aux populations. Aujourd’hui la question qu’il faut se poser, c’est sommes nous prêts à tout perdre pour qu’EDF puisse continuer à faire fonctionner ces centrales trop fragiles au delà de 40 ans? L’État doit prendre ses responsabilités en privilégiant la sécurité des riverains !