Note de lecture – Rapport sur la sécurité et la sûreté nucléaire : il est temps de protéger les auvergnats et rhônalpins !

Rapport sur la sûreté nucléaire : il est temps de protéger les auvergnats et rhônalpins ! (1/communiqué de presse  2/note de lecture)

La Commission d’enquête parlementaire sur la sûreté nucléaire a rendu son rapport jeudi 5 juillet. Les constats et préconisations des rapporteurs sont à prendre très au sérieux.

Les lignes de ce rapport viennent confirmer ce que ne cessent de dénoncer les élus régionaux du Rassemblement citoyen, écologiste et solidaire : les sites vieillissants constituent une menace pour la sûreté, le changement climatique constitue une menace pour les systèmes de refroidissement des centrales, l’industrie du nucléaire a un recours accru à la sous-traitance.

Corinne Morel Darleux, élue régionale de la Drôme réagit : « J’avais porté pour le groupe RCES, un vœu au conseil régional demandant la fermeture de la centrale du Bugey justement pour les problèmes de sécurité qui pèsent sur les populations alentours. Aujourd’hui, la commission d’enquête a fixé comme 1ère échéance la fermeture des réacteurs du Bugey qui sont en fonction depuis 1979. Cette question cruciale doit être accueillie avec sérieux par le Gouvernement. Il est temps que l’Etat prenne ses responsabilités. Faut-il rappeler que le canton de Genève a déjà déposé une plainte contre x pour mise en danger de la vie d’autrui ? »

Florence Cerbaï élue régionale ardéchoise et membre de la commission sécurité complète : « J’étais à Privas pour le jugement des lanceurs d’alerte de Greenpeace qui s’étaient introduits dans la centrale de Cruas. Plus récemment encore Greenpeace a fait s’écraser un drone sur la centrale du Bugey. Ces actions montrent que le risque terroriste est totalement négligé. Par ailleurs, au sein du conseil régional, j’ai défendu sans succès un amendement pour que les risques nucléaires induits par le changement climatique (par exemple la baisse de débit du Rhône empêche le refroidissement des centrales drômoises et ardéchoises). C’est exactement ce qui est repris par ce rapport. L’Etat doit agir, mais les collectivités locales dont la Région le doivent aussi. Laurent Wauquiez dit se préoccuper de la sécurité mais se contente d’installer des caméras de vidéosurveillance partout. Ici, l’enjeu est bien plus grand. »


Note de lecture non exhaustive

Le rapport d’enquête est à lire ici. Il montre un bel effort de vulgarisation de sujets techniques et est à mettre dans toutes les mains!  http://www.assemblee-nationale.fr/15/rap-enq/r1122-tI.asp#P354_35662

Ses préconisations font sens. Elles sont chères à mettre en œuvre, mais c’est là le vrai coût de l’électricité nucléaire.

Il faut maintenant qu’EDF et le gouvernement les mettent en application. Il ne faudrait pas que les difficultés financière actuelles d’EDF l’amène à sacrifier notre sécurité pour des raisons d’économie! (Je vous propose ici une mise en lumière de certains points, soulignés ou pas, par la presse mais qui me paraissent importants pour la sécurité des sites nucléaires en Auvergne Rhône Alpes)

 

En général :

Le rapport souligne la difficulté de faire face au risque terroriste :

-en raison de la conception anciennes des centrales, conçues à une époque où le risque terroriste n’existait pas (pas de bunkérisation des piscines de combustible usagé, risque de crash d’avions, de drones…)

– mais aussi en raison des risques induits par la sous traitance  pour la sécurité :  difficultés de contrôler les personnes intervenants sur les sites nucléaire, notamment en ce qui concerne les sous traitant- étrangers : (dans le cadre de l’enquête,  les parlementaires on découverts que des fichés S avaient eu accès à certaines centrales nucléaires)

 Le rapport souligne le risque du recours massif  à la sous traitance (80%)  pour la sureté des installations et des salariés eux mêmes. Il rappelle l les problèmes des salariés sous traitants ( mauvais suivi médical, moins bonnes conditions de travail, salaires…), et l’inégalité de traitement avec les salariés d’EDF, désormais moins nombreux dans le nucléaire : 220 000 salariés dont 160 000 sous-traitants.

– Il fait la proposition  d’une convention collective pour l’ensemble des salariés sous-traitants de la filière, un meilleur suivi de la santé des travailleurs sous-traitants avec des visites médicales plus régulières

En Auvergne Rhône-Alpes :

Quelques questions intéressent tout particulièrement les centrales de notre région, et la sécurité de nos territoire.

–  Deux des plus vieilles centrales française sont dans notre région : Le Bugey et Tricastin! Le rapport revient sur la difficulté d’exploiter des centrales vieillissante :“Pendant leurs visites sur les sites, les parlementaires ont constaté des signes importants de corrosions sur de nombreuses pièces. Selon eux, cela “interroge sur la pertinence de la prolongation de la durée de vie de certaines centrales”.”

– Les centrales auralpines sont toutes refroidies par un fleuve : le Rhône qui a connu une baisse de 30% de son débit en 20 ans. Le rapport souligne la difficulté accrue d’exploiter des réacteurs nucléaires refroidit par des fleuves.  Avec le changement climatique, le rapport souligne la nécessité de prendre en compte plusieurs facteurs associés qui peuvent entrainer des difficultés à refroidir les réacteur des 4 centrales de notre région ( sécheresse, canicules). Ces difficultés d’adaptation du nucléaire au changement climatique faisaient l’objet d’une de nos dernières interventions à l’assemblée le  “dérèglement climatique augmente le risque nucléaire”. ) Préconisations :  La commission d’enquête invite l’IRSN à demander aux exploitants d’apporter la preuve que les réacteur sont en mesure de résister aux aléas climatiques combinant plusieurs facteurs / à rendre en compte, pour établir l’ordre de fermeture des réacteurs de la mise en œuvre des mesures de sûreté dites « post-Fukushima » ainsi que des risques liés au changement climatique, notamment le stress hydrique

– Le rapport reconnait également le risque d’accident nucléaire en France et souligne les difficultés d’évacuer les zones les plus peuplées, ce qui est précisément  le cas des zones autour de nos centrales en Auvergne Rhône-Alpes. Le premier ministre reconnait qu’au delà de 500 000 personnes on ne sait pas évacuer! Hors toutes les centrales nucléaires d’Auvergne Rhône Alpes sont situées dans des zones densément peuplées. 1 Million de personnes dans les 30 km autour du Bugey! Il nous faut anticiper…

– Le rapport souligne l‘inadaptation des plans d’évacuation :  Les” PPI” limités aujourd’hui à 10 km en train de passer à 20km . Le rapport demande un travail sur les plans d’évacuations qui prenne en compte le “pire”. Dans ce cadre, après une mission à Fukushima, les parlementaires  suggèrent de bunkeriser les hôpitaux et d’installer une ventilation filtrante car les personnes hospitalisées ne sont en réalité pas évacuables dans des situation d’urgence post catastrophe, il propose aussi la mise en place de vrais plans d’évacuations et d’information avec des budgets plus importants! Proposition de renforcer les moyens financiers des Commission Locales d’Informations des centrales nucléaires. Nous proposons de notre côté que la région travaille a minima à l’évacuation et à la mise à l’abri des lycéens dont nous avons la charge

Le contexte : les parlementaires se heurtent à l’opacité de la filière!

A noter la difficulté d’enquête des députés qui se sont heurtés au ” secret défense” . Il semble difficilement admissible que les représentant du peuple souverain, ne puisse avoir accès à des informations essentielles pour notre sécurité.

A noter aussi la réaction d’EDF très critique à ce rapport : Il est choquant qu’EDF, remette en cause le travail des représentants du peuple. On semble être face à une entité opaque et aveugle, vouée au nucléaire, que rien de peut faire dévier de sa course folle vers un possible accident, ni les problèmes financiers, ni les alertes sur la sécurité et la sureté des installations, ni la vétusté de ses centrales construites pour durer 30 ans et qu’EDF veut artificiellement prolonger jusqu’à 60 ans!

Je concluerai cette note par deux extraits de ce rapports : “aucune autre activité ne génère un risque d’une telle ampleur” …le pire n’est jamais à exclure et la confiance n’est pas suffisante”

 

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