Qualité de l’air intérieur : ouvrir les fenêtres ne suffit pas

La Région propose un plan pour la qualité de l’air, nous proposons de le compléter avec un amendement pour améliorer la qualité de l’air des intérieurs où nous passons 80% de notre temps! Nous pouvons agir sur les matériaux, il ne s’agit pas simplement d’ouvrir les fenêtres !

Voici le texte de mon intervention

“La lutte contre les polluants extérieurs est une lutte complexe, coûteuse et nécessaire, mais il est une action moins coûteuse qui ne devrait pas être oubliée.

Nous passons 80% de notre temps en intérieur, dans des lieux confinés et ces lieux ont leurs polluants spécifiques qui s’additionnent aux polluants extérieurs, et ont des effets sur notre santé : Migraines, nausées, difficultés à se concentrer, mais aussi allergies et cancers.

On estime à 19 milliards d’euros par an, le coût de la mauvaise qualité de l’air intérieur en France. Pourtant, les plans pour lutter contre ces pollutions se résument à peu de chose.

On nous conseille d’ouvrir les fenêtres, y compris désormais dans les bâtiments ventilés mécaniquement… 10 minutes par jour pour renouveler l’air,…la pollution qui s’y accumule le reste de la journée. Alors, en 2018, il va falloir trouver mieux !

La loi qui rendait obligatoire les mesures des polluants dans les crèches, écoles, lycées, hôpitaux, s’est réduite à peau de chagrin dans ses décrets d’application. A la place, les établissements ont droit, dans le meilleur des cas, à un poster informatif rappelant qu’il faut faire le ménage quand les enfants sont partis et éviter l’eau de javel !

Pourtant de vrais diagnostiques sont essentiels.

Il faut déterminer les polluants dans chaque bâtiment pour ensuite identifier ce qu’il faut changer. Car, bien sûr, nous savons que les vieux poêle à bois et les cheminées, les chauffage d’appoint à pétrole ou gaz apportent leur dose de monoxyde de carbone, oxydes d’azotes, de souffre, benzène,… que les détergents sont nocifs …

Mais il y a aussi tout ce qu’on sais moins : les peintures et les matériaux de construction non biosourcés qui évaporent tranquillement leur solvant dans notre salon, le meuble en mélaminé et ses formaldéhydes, nos écrans, la mousse d’un matelas ou d’un oreiller ou l’on enfouira la tête toute la nuit persuadé d’être en parfaite sécurité, le canapé en cuir tanné au chrome, le fauteuil en tissu traité hors UE au retardateur de flamme… Soudains, nos intérieurs ne sont plus si sûrs… J’oubliais les jouets en plastiques qui se décomposent lentement mais sûrement aux UV et dégagent des composés organiques volatiles, le lino, la moquette, certains rideaux et mousses isolantes, mais aussi l’imprimante 3D dont l’odeur nous inquiète avec raison… les vernis et les colles…

Heureusement, il est possible de favoriser des produits et mobiliers biosourcés, peu polluants pour l’air intérieur, des produits souvent réalisés localement, parfois moins cher. Mais pour cela, il faut une volonté de s’engager dans une démarche rigoureuses, ne pas hésiter a remettre en question les positions rassurantes des lobbys, quand aux matières que nous utilisons aujourd’hui. C’est ce qui nous permettra d’éviter les scandales sanitaires de demain.

Nous vous proposons ainsi de lancer un plan sur la pollution de l’air intérieur en commençant par l’analyse de l’air dans les lycées et bâtiments de la Région. Des diagnostiques devront permettre de définir les modes de ventilations, matériaux à mettre en œuvre, mobilier à bannir pour nous permettre de mieux respirer.

 

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